Rendez-vous avec les professeurs Thibault et Desmos ; Conseillers de M. les Ministres de la Santé et de l'Education Nationale
Le Bureau du Collège National Professionnel de Médecine Interne (CNPI) a sollicité dés le changement de gouvernement et la composition des nouveaux cabinets ministériels une entrevue avec les conseillers des ministres. Ceux ci nous ont reçu le 6 septembre 2002.
Etaient présents au nom du CNPI les professeurs et docteurs :
BEYLOT – BLETRY – DEVULDER – PIETTE – SERENI et ZIZA, représentant le bureau du CNPI.
L’ambiance de l’entretien fut extrêmement cordiale, détendue, voire amicale.
Contrairement à la réunion qui avait eu lieu préalablement au Ministère de l’Education Nationale, nous avons eu l’impression d’être entendus, sinon compris et que les conseillers des Ministres étaient dans une phase de réflexion pendant laquelle l’avis d’un certain nombre de «collègues» risquait de leur être utile. Parmi ces collègues, il semble que les internistes aient leur place.
Le Professeur THIBAULT a pris la parole pour une courte introduction, insistant sur : - Le problème de la démographie médicale. Il assure qu’une augmentation de numerus clausus est programmée dans les années qui viennent dans une «proportion appréciable».
- Devant cette préoccupation (de la démographie), le Professeur THIBAULT indique que ce qui semble important est d’assurer la présence «d’un contingent» de futurs généralistes, de façon momentanée. Il signale l’existence d’un observatoire sur la démographie médicale mais composé de 80 membres. Cet observatoire n’est pas très efficace. Il suggère la formation de sous-commissions appelées à travailler de façon plus active. Le Doyen Yvon Berland en est le responsable. Il a été contacté par le CNPI et une correspondance est échangée avec lui.
- Le CNPI profite de la discussion sur la démographie pour rappeler son attachement à la présence d’un service de médecine interne par hôpital. Pour les conseillers, ceci doit s’appliquer certainement aux grosses structures hospitalières, privées ou publiques. Les autres plus petites peuvent être appelées à constituer des «services de premiers recours ou de soins de suite». Dans ces services, les médecins généralistes peuvent avoir toute leur place.
- Il rappelle le problème de l’envahissement des hôpitaux publics par les urgences et les post-urgences. Est chargé de réfléchir à ce problème le Docteur Charles DESCOURS, responsable de la continuité des soins. L’idée de créer «des maisons médicales» confiées à des médecins généralistes situés à proximité de l’hôpital est évoquée, dépendant d’un service porte ou rattachées à un service porte hospitalier.
- Le conseiller insiste sur la nécessité de la fluidité entre le monde hospitalier et le monde libéral pour que cesse l’opposition entre deux forteresses qui s’ignorent.
- Il indique sa volonté de revoir la totalité des DES de médecine. Le CNPI évoque dans cette optique les problèmes qui vont se poser avec le définition de la médecine générale «universitaire». Il rappelle que le souhait des généralistes qui furent contactés à l’occasion de plusieurs réunions avec les représentants de la médecine interne, est de garder une médecine générale «en ville» et que les éventuels futurs chefs de clinique de médecine générale devraient êtres amenés à exercer en cabinet libéral en dehors de l’hôpital en ambulatoire.
- Les conseillers des Ministres en profitent pour indiquer leur désir de revoir la définition des professeurs universitaires en disant qu’il existe des «universitaires à deux vitesses», certains (en particulier les chefs de clinique) n’exerçant pas de réelles fonctions d’enseignement. Le CNPI et en particulier le Professeur PIETTE s’élève contre le risque de voir diminuer la durée du clinicat.
- Le CNPI et en particulier le Professeur BEYLOT insiste sur l’impérieuse nécessité de faire publier la maquette de médecine interne en soulignant que le travail de la maquette est déjà effectué (Pr H COURTOIS), que cette maquette a déjà été présentée aux Professeurs REY et LAURET. B DEVULDER rappelle qu’internistes comme gériatres sont depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, dans l’attente de la publication de cette maquette. Le Professeur BEYLOT en profite pour rappeler aux conseillers de Ministre qu’il n’y a pas de réelle scission entre la médecine interne et la gériatrie et que la majorité des gériatres, en particulier universitaires, est issue de la médecine interne. Des assurances nous sont données sur l’absence (apparente) de volonté de scission pour les conseillers des Ministres entre la gériatrie et la médecine interne…
- Le CNPI, en particulier le Professeur PIETTE, demande quelques éclaircissements sur les problèmes de mobilité, demandés aux futurs universitaires. Le Professeur THIBAULT indique que le concept de mobilité doit être le plus ouvert possible et le moins contraint possible. La mobilité doit se concevoir dans un esprit d’ouverture. La mobilité, même acquise au moment de l’internat, doit être selon lui prise en compte dans les carrières.
- Les conseillers THIBAULT et DESNOS indiquent leurs préoccupations de clarifier les différentes classifications des spécialités et de remettre à l’ordre du jour la notion de passerelle entre spécialités. Le CNPI et en particulier le Docteur ZIZA insiste sur la nécessité d’assurer des passerelles entre plusieurs spécialités (DES différents), en indiquant que c’est souvent une solution efficace, économique et réaliste dans un grand nombre d’hôpitaux généraux où les services de médecine interne peuvent avoir une orientation particulière.
- Les Professeurs THIBAULT et DESNOS nous interrogent sur notre participation au système d’urgence. Le CNPI, en particulier le Professeur SERENI, indique qu’en médecine interne la situation est hétérogène avec une implication très variable des différents internistes français. Globalement, il faut bien reconnaître que les internistes ne sont pas assez motivés par les urgences. Le Professeur THIBAULT évoque la possibilité d’ouvrir un DESC d’urgence et la nécessité de faire de la spécialité d’urgence une vraie spécialité universitaire.
- Enfin, le CNPI rappelle aux conseillers les problèmes actuels soulevés par le décret de 2002 sur le recrutement des PH :
Il faut modifier ce décret de façon à ce que les PH puissent concourir dans une discipline sans être obligatoirement titulaire du DES correspondant. Il faut supprimer les appellations de PH de Médecine Générale et de Médecine Générale gériatrique qui sont « sorties » d’un arrêté de février 2002. Il faut que les Internistes titulaires du DESC de Gériatrie puissent s’inscrire dans des concours dont l’appellation soit la même que leur discipline d’origine et corresponde à la réalité hospitalière des fonctions qu’ils auront à exercer.
Les conseillers ont donné leur assurance que ces dispositions seront modifiées le plus rapidement possible.
- Le CNPI profite de l’occasion de cette rencontre pour rappeler aux conseillers des ministres par la voix du Dr ZIZA l’urgence qu’il y a à réformer la nomenclature des actes médicaux et en particulier de l’acte intellectuel de consultation, seul outil de l’interniste, et la situation préoccupante que vivent nos collègues installés en secteur I. Le Pr THIBAULT en prend bonne note mais rappelle que cet épineux problème ne relève pas de sa compétence mais ce celle des Caisses d’Assurance Maladie…
Le principe d’une nouvelle réunion vers le mois de février 2003 est retenu, avec éventuellement une invitation des conseillers à Maffliers lorsque la date en sera décidée, en sachant que janvier est peut-être un peu tôt par rapport au calendrier des décisions ministérielles.
Jean-Marc ZIZA ; Daniel SERENI pour le CNPI
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