SYNDICAT NATIONAL
DES OPHTALMOLOGISTES
DE FRANCE
LE PRESIDENT
Strasbourg, le 5 Mars 2003
JLS/PLB/PDT
Au Docteur Dinorino CABRERA
Président du Syndicat des Médecins Libéraux
83, route de Grigny
91136 RIS ORANGIS CEDEX
Au Docteur Michel CHASSANG
Président de la Confédération des Syndicats
Médicaux Français
79, rue de Tocqueville
75017 PARIS
Au Docteur Jean-François REY
Président de l’UMESPE
79, rue de Tocqueville
75017 PARIS
Mon cher Président,
Les ophtalmologistes observent avec une vive inquiétude et souvent une réelle indignation les manœuvres hostiles lancées par plusieurs Caisses d’assurance maladie, soit à propos du blocage de la télétransmission, soit en raison de l’utilisation extensive du « DE » par des praticiens du Ier Secteur.
Je joins à ce courrier deux exemples tout récents de courriers particulièrement agressifs reçus par nos adhérents. Nous constatons notamment l’activisme des Caisses de l’Ain, des Deux-Sèvres, de l’Essonne, de Loire-Atlantique, du Pas-de-Calais et des Vosges. Nous ne pouvons imaginer que ces attaques, au ton d’une menaçante insolence, soient fortuitement coïncidentes. Elles répondent à l’évidence à un mot d’ordre concerté, dont la probabilité nous amène à nous interroger sur la réelle volonté du Président de la CNAMTS d’aboutir à la toute prochaine signature d’une nouvelle Convention.
Il nous paraît essentiel et urgent de vous faire savoir de la manière la plus nette qu’à ce travail de sape d’une sournoise mesquinerie correspond, chez les ophtalmologistes de France, un esprit de résistance dont il importe de ne pas sous-estimer la dimension nationale. Avec les 10 % de taxation de leurs honoraires hérités de Mme Aubry, le blocage persistant des lettres-clés, et la perspective d’un effondrement de la cotation de l’opération de la cataracte dans la prochaine Nomenclature, les ophtalmologistes – en particulier ceux du Ier Secteur, qui forment la moitié de notre population, et sont solidairement soutenus par leurs confrères du IIe Secteur – ont le sentiment de n’avoir plus rien à perdre.
Quelle que soit la réflexion que les responsables de mon Syndicat peuvent mener sur les inconvénients d’un vide conventionnel prolongé, le SNOF se conformera, dans la position qu’il va prendre et dans les votes auxquels seront appelés ses représentants, à la volonté majoritaire de ses adhérents. Je dois vous dire que tout nous indique aujourd’hui un refus massif de toute signature, dans le contexte que nous connaissons et dans les conditions qui sont publiées. Le comportement irresponsable de certains directeurs de Caisses faisant écho aux invectives proférées par le Président de la Caisse nationale, a largement contribué à bétonner cette opposition.
Si nous voulons, le moment venu, qu’au terme d’une négociation particulièrement pénible – puisque vous la menez, obstinément, avec des interlocuteurs particulièrement retors – que la population des 4500 ophtalmologistes d’exercice libéral n’oppose pas à la ratification de ses conclusions un veto presque unanime, il est indispensable que soit clairement assuré (et non pas promis, avec renvoi aux calendes de décrets d’application indéfiniment sursis) un espace de liberté assez large pour permettre – tout simplement – la survie économique des cabinets de nos confrères. Sur ce critère qui, dans leur esprit, prime actuellement sur tous les autres, nous pourrons peut-être les convaincre d’entrer dans une Convention hélas précédée par un « relevé » rebutant et coiffée d’un ACIP dont les médecins discernent trop bien les chausse-trappes.
Mon devoir était de vous décrire, le plus fidèlement possible, l’état d’esprit des confrères qui m’ont chargé de les représenter et de les défendre et qui, en m’accordant leur confiance, m’ont donné mandat de vous transmettre leurs derniers espoirs.
Je vous encourage à la plus grande fermeté et, dans cette ligne, je vous assure de notre soutien en vous priant, mon cher Président, de croire à l’expression de mes sentiments bien cordialement dévoués,
Jean-Luc SEEGMULLER